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Tai chi chuan: origine et principes

Le Taiji quan, une pratique ancestrale

Il y a très longtemps en chine…

On attribue les origines des arts internes au taoïsme, philosophie et religion à la fois, dès 1500 avant JC.

tai chi chuan shao lin
Les moines Shaolin de Tomasz Gudzowaty

Cette philosophie établit que la seule voie qui mène à la sagesse consiste en une harmonie entre l’homme et la nature. C’est en plaçant son cœur et son esprit dans le TAO (la voie), la même que celle de la nature, que l’on accède à la vertu. Le taoïsme enseigne que l’homme doit être naturel, spontané, il ne doit pas avoir un comportement en désaccord avec les lois naturelles. C’est ce que les premiers moines appelaient le principe “agir sans agir” (Wei wu wei). L’image est de faire comme le marin qui ne s’oppose pas au vent mais utilise sa force pour conduire son bateau.

Considéré comme le père fondateur du taoisme, le sage  Lao Zi (on dit aussi Lao Tseu -500 av JC) qui a écrit entre autres « Tao Te Ching, le livre de la voie et de la vertu », pratiquait cette alchimie de philosophie et de techniques physiques mêlées au travail du souffle

Chang Dsu Yao et Roberto Fassi, situent la génèse du Tai chi chuan  au Vème siècle de l’ère chrétienne par la construction d’un temple sur les pentes du mont Sung. Ce monastère fut nommé Shao Lin Szu ou monastère de la jeune forêt.
Au début du VIème siècle, le moine Bodhidharma, qui est le fondateur du bouddhisme zen, arrive au temple et enseigne des exercices respiratoires aux moines afin de leur redonner vigueur. Le but second de ces exercices était également de permettre aux moines d’atteindre l’unité du corps et de l’esprit. Comme les moines pratiquaient également un art martial pour se défendre des brigands de grand chemin, leur style devint vite populaire : la boxe du temple Shao Lin était née.

Au fil des siècles, le moines et guerriers taoïstes perfectionnèrent diverses méthodes pour la purification du corps et de l’esprit par la méditation, le mouvement, la respiration qui permettent de raffiner les énergies vitales intérieures tout en développant des techniques de défense extrêmement efficaces. L’ensemble des arts martiaux chinois découlent de ces techniques.

Ces principes régiront la pratique des arts internes comme le tai chi et le qi gong dont la dénomination précise aurait apparu avec  Zhang Sanfeng.

Le Livre complet sur les exercices du tai-chi-chuan, écrit par Yang Chengfu (1883-1936), raconte que Zhang Sanfeng créa le tai-chi-chuan vers la fin de la Dynastie Song (960-1279). Zhang créa l’école intérieure (neijia )par un syncrétisme, une synthèse des arts martiaux, du bouddhisme du célèbre monastère Shaolin et de sa maîtrise du daoyin (neigong ) taoïste.

Le tai chi chuan ou taiji quan serait originaire de la région du Hubei, berceau du taoïsme et plus précisément du mont Wudang. C’est lors d’une promenade que l’idée apparut à Zhang Sanfeng après avoir observé le combat entre un groupe de grues et un serpent. Le serpent esquivait les coups de bec droit des grues par des mouvements sinueux, souples et continus pour finir par une contre-attaque foudroyante.

Le moine compris alors que la souplesse et la flexibilité permettent de vaincre la dureté et la force. En d’autres mots, des mouvements circulaires et continus sont plus efficaces que des mouvements directs et droits. Le Tai Chi Chuan était né.

S’ensuivent des guerres et des luttes intestines entre les différents seigneurs des différentes provinces qui nous mènent au début du XIXè siècle.

La petite histoire de la naissance du Tai Chi Chuan style Yang.

A cette époque, le Tai Chi Chuan n’est enseigné qu’à quelques élèves seulement par la famille Chen.

Mais ce fut la famille Yang qui fut à l’origine de la  démocratisation de cet art.

En effet,  La famille Chen n’acceptait aucun étranger dans l’école du village car à cette époque les maîtres échangeaient le toit et le couvert contre la protection des membres du village. Sa forme de tai chi chuan restera longtemps secrète.
Yang Lu Chan eut alors l’idée de se faire engager comme domestique auprès de maître Chen et en épiait les leçons données le jour. Yang Lu Chan s’entraînait après chaque nuit et répétait les mouvements et techniques vus au cours de la journée.
Malheureusement, un jour le pot au rose fut découvert par maître Chen, mais grâce à une habile démonstration, Yang Lu Chan impressionna fortement le maître et eut la permission de rester dans l’école. Il en devint le meilleur élève.
Yang Lu Chan partit alors vers Beijing pour ouvrir une école publique. En plus de cette école publique, il enseignait le Tai Chi Chuan aux gardes impériaux et à la cour. C’est par ce biais que son art sera largement diffusé.
Marié, Yang Lu Chan eut deux enfants, Yang Pan Hou et Yang Chien Hou qu’il éduqua dans les principes du Tai Ch’i Chuan.
Le deuxième fils, eut un fils à son tour, Yang Cheng Fu qui est aujourd’hui considéré comme le  grand maître de référence ! Il enseigna en public dans les parcs et présenta le Tai Ch’i Chuan comme une suite d’exercices physiques ; il mit au point des exercices pour tous les âges et crée un enchaînement plus court de la forme initiale 108.

La forme traditionnelle du Tai Chi Chuan compte 108 mouvements. Maître Yang créa également ses dix principes  et enseigne tout son art à ses disciples Cheng Man Chin et Yang Sau Chung qui le diffusent et poursuivent l’œuvre du maître. De nos jours, le style Yang en ligne directe est largement diffusé dans le monde.
Je vous recommande ce  livre de  Yang Chengfu : L’Essence du Taijiquan

tai chi chuan lignée yang

Le tai chi chuan, la boxe chinoise

Taiji signifie “faîte suprême”, “suprême polarité”,  quan : “poing, boxe”. Littéralement, on le traduit par “boxe du faîte suprême”, parfois “boxe avec l’ombre” car on a l’impression que le pratiquant se bat contre une ombre. Une autre traduction courante est “ boxe de l’éternelle jeunesse” si l’on interprète “faîte suprême” comme le sommet de la vie, donc la recherche de l’immortalité.

Oui, il s’agit de boxe, car le Tai Ch’i Chuan est un art martial interne traditionnel d’auto défense. En effet, comme il est basé sur le travail de l’énergie interne propre à chacun, celui qui a le plus «d’énergie» sort vainqueur d’un hypothétique combat…

Car meilleur combat est celui qui n’a pas eu lieu selon cette même philosophie.

Les bases philosophiques

Les principaux courants de pensée qui ont influencé le tai chi chuan sont le taoïsme et en particulier la théorie du yin et du yang. Le yin et le yang sont les pôles fondamentaux de l’univers. Le Yin et le Yang incarnent les qualités passives et actives des phénomènes.

Le Yin incarne l’aspect passif, réceptif, féminin, l’obscurité et le mou,  la défense, l’intérieur… Il est associé à l’astre de la  lune, à la couleur noire…

Le Yang, le principe masculin quant à lui régit l’ actif, le créatif, la clarté, le dur, l’extérieur, l’attaque …Il est associé au soleil et à la couleur blanche…

yin yang tai chi chuan tu

L’interaction du yin et du yang est à l’origine de la Suprême Polarité dont voici la représentation graphique courante très répandue

Ce dessin, appelé “tai chi tu” doit être vu en rotation perpétuelle. Il symbolise l’évolution cyclique de la nature.

Les éléments yin et yang ne doivent pas être considérés comme opposés mais  complémentaires et interdépendants, à l’image de la nature en constant équilibre.

Dans le tai chi tu, l’harmonie entre les contraires est symbolisée par 2 superficies égales. les points blancs et noir qui se trouvent respectivement dans la zone de couleur opposée indiquent qu’il y a toujours un peu de yin dans le yang et vice versa.

L’enseignement à en tirer est que chaque élément de la nature a une composante  yin et une composante yang. La lumière a besoin de l’obscurité pour exister, le chaud n’est perceptible qu’avec la présence du froid, l’intérieur et l’extérieur sont des notions relatives en fonction du référentiel choisi. Einstein dans sa théorie de la relativité a mis ce principe comme valeur fondamentale de la science moderne.

Dans le même esprit l’homme a une part de féminité et la femme une part de masculinité. Tout réside dans l’équilibre à trouver en chacun.

Le mouvement et le cycle yin yang et le QI.

Tous les mouvements du tai chi sont circulaires comme dans le tai chi tu, et pendant l’exécution des techniques, le yin et le yang alternent sans interruption. Par exemple, le pied de devant est yang, celui de derrière est yin. Dès que l’on fait un pas, yin devient yang.

Le QI, l’énergie vitale intérieure.

Selon la pensée chinoise, l’univers est imprégné d’une énergie vitale qui fait bouger
les atomes, nourrit les cellules,  qui permet l’existence même de la vie. Cette énergie est
appelée Qi ( prononcez  “t’Ch’i “). Tous les êtres humains devraient vivre en accord avec la nature et ses cycles pour éviter les déséquilibres. Le mot QI signifie « énergie » mais comme il peut aussi signifier « air » on peut dire que les êtres vivants puisent leur énergie vitale en respirant et grâce à celle-ci, ils peuvent bouger (selon chang Dsu Yao et Roberto Fassi ). C’est durant la respiration que l’air apporte à l’organisme l’oxygène et le Qi. Ce dernier parcourt  l’intérieur de l’organisme par les  canaux énergétiques, les méridiens de l’acupuncture et se stocke dans le Tan Tien, sorte de petit réceptacle à l’intérieur de l’abdomen.
Le Qi est également présent dans la nourriture que l’on consomme et il nous est également transmis par hérédité.
C’est  par la pratique du Qi Gong, du tai chi et la  respirationassociée que l’être humain emmagasine du QI, l’énergie vitale.

Cette énergie peut être utilisée pour :

  • guérir des maux locaux, articulaires, musculaires,
  • réduire son stress, apaiser l’anxiété et reprendre confiance en soi,
  • être en bonne forme, plus souple,
  • soulager la douleur,
  • être mieux “ancré” sur la terre: équilibre physique et psychologique,
  • encaisser ou esquiver un choc physique ou émotionnel,
  • faire jaillir la force de frappe: porter un coup pour se défendre et neutraliser l’adversaire.

Dans le corps humain, le QI circule via les méridiens. On peut l’activer, le guider et le faire s’écouler dans le corps par la force de la pensée avec des résultats extraordinaires.

Comment activer son énergie intérieure ?

La respiration abdominale

Pour pratiquer correctement le tai chi, on apprend à faire descendre le Qi dans le Tan Tien. Le Tan Tien est une des “portes d’entrées”de l’énergie, (les indiens l’appellent chakras) située à 2 doigts sous le nombril et à un tiers de distance entre la paroi abdominale et l’épine dorsale. L’air inspiré doit atteindre ce barycentre du corps par une respiration de type diaphragmatique, on parle aussi de respiration ventrale ou abdominale. Apprendre à sentir l’énergie emmagasinée au Tan Tien est une base fondamentale dans la pratique des arts internes. Le Tan Tien est défini comme notre centre “psychophysique”. Au contraire une respiration thoracique bloque le Qi au niveau supérieur et provoque déséquilibre physique  et psychique.

Tan tien signifie littéralement “champ du cinabre”. Le cinabre est un minéral que les alchimistes taoïstes utilisaient pour produire l’élixir de l’immortalité. C’est le lieu où se trouve l’énergie qui permet d’atteindre la santé physique et l’illumination spirituelle.

La grande révolution du Qi.

Dans le cycle respiratoire, il faut imaginer que le Qi, après avoir atteint le Tan tien pendant l’inspiration, remonte le long de la colonne vertébrale jusqu’au sommet du crane pour enfin sortir par le nez ou la bouche. Deux flux de Qi  circulent également le long des jambes pour sortir par la plante des pieds. C’est ce que Dsu Dao et Robert Fassi appellent « la grande révulotion du Ch’i” (in Le tai chi chuan, secret de l’énergie vitale)

Si on exécute une technique avec les membres supérieurs, par exemple par la poussée des mains on guidera le flux QI qui passera par la colonne vertébrale comme une forme d’onde jusqu’aux bras jusqu’ à ce que cette énergie jaillisse de la paume des mains.

Les pratiquants de tai chi et Qi gong, prendront conscience du flux d’énergie qui s’écoule en eux.

C’est là que réside toute la différence entre un mouvement classique partant du bras, qui aura transmis au final peu de force et au contraire  un mouvement conscientisé, faisant circuler l’énergie depuis les pieds et qui jaillira avec une force extrême.

Les deux autres énergies vitales : Ching et Shen

Nous avons vu l’importance du Qi. Par extension, quand on parle d’énergie vitale, on mentionne le Qi, l’énergie intérieure. Mais ce n’est qu’une approximation.  Selon la pensée chinoise, dans l’univers cohabitent deux autres formes d’énergie.

Là j’ai perdu la moitié de mes lecteurs !

Ching, l’essence de la vie.

Ching se rapproche de ce que nous appelons énergie sexuelle, mais ce n’est pas exactement son équivalent. C’est l’énergie vitale qui confère au corps sa constitution physique fondamentale, ses capacités de développement, de croissance , de reproduction et de vieillissement. La tradition dit qu’il ne faut pas disperser cette énergie mais la cultiver : on évite ainsi les maladies et l’on vit plus longtemps. Pour y parvenir, il convient d’éviter les excès, suivre une alimentation saine et pratiquer des exercice psychophysiques.

Notons que toute chose, au delà des êtres humains ont leur Ching, leur essence. Ching est considéré comme la substance originelle de toutes  choses. On retrouve cette croyance dans d’autres civilisations, en Afrique, en Inde ou chez les indiens d’Amérique.

Avec une mise en condition préalable, nous pouvons ressentir l’énergie des arbres simplement en les enlaçant et en écoutant. Les arbres peuvent nous transmettre de l’énergie ! Nous en reparlerons prochainement.

Shen, l’énergie spirituelle

Shen est la forme d’énergie la plus raffinée. Elle permet d’atteindre une concentration mentale intense, accroît la force de la pensée. Elle stimule le flux du Qi  et rend les mouvements vifs et concentrés. elle permet de prendre pleinement conscience de chaque partie du corps.

Le but du Tai chi chuan, du QI gong n’est pas seulement d’accumuler en soi les trois énergies, mais aussi de les purifier et de les transformer en des formes plus raffinées. En effet il est possible de raffiner le Ching en Qi, le Qi en Shen et pour finir, le Shen en Hsu, le « vide mental », l’état méditatif le plus élévé: le Nirvana , ca vous parle ?

Voilà pour l’essentiel à savoir sur le Tai Chi Chuan et le Qi gong.

Pour aller plus loin, je vous conseille:

Le grand livre du tai chi chuan de Dsu et Fassi

tao te king de Lao tseu

IP MAN en DVD : excellent film en deux parties pour comprendre le contexte historique de la naissance et l’esprit des écoles des arts martiaux

J’espère que cet article vous aura été utile. Laissez moi un commentaire.

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5 commentaires

  1. Très bel article sur le tai chi et le qi gong. Je partage vos réflexions. Merci de partager. Concetta

  2. bonjour Concetta,
    merci pour tes encouragements
    je vais m’y remettre !

  3. Très bel article.

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