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Chen: le style fondateur du Tai Chi Chuan

Le style Chen

style chen tai chi
David Templier

Pratiquant de tai chi depuis quelques années, j’entame ma deuxième année dans la forme Chen. C’est le plus ancien des styles et le parent des styles traditionnels de tai-chi-chuan: Wudang, Yang, Sun… Il est très bien implanté en Europe, c’est le troisième style le plus pratiqué au monde. Le style de la famille Chen se démarque des autres styles par son alternance de mouvements lents et rapides, ses postures basses, ses « enroulements de soie”  (chan si jin) et ses éclats explosifs (Fajing).

Petit rappel historique de la forme Chen

Le style Chen est né sous la dynsatie des Ming (1368-1644). On attribue la création de la forme à Chen telle  Wangting (1600 – 1680), appartenant à la 9ème génération de la famille issue de Chen Bu selon les manuels de boxe retrouvés dans le village de Chenjiagou (province du Henan en Chine).

… Mais ce n’est pas aussi simple ! Les origines du Tai chi chuan varient selon les experts et donnent lieu à des batailles d’écoles et de styles. Une autre origine, plus mythique, ferait remonter sa création au XIIIe siècle par l’ermite taoïste Zhang Sangfen.

Selon les historiens chinois, deux facteurs majeurs conduisent à la création de cet art martial / art de vivre:

  • la proximité des écoles de Kungfu: Shaolin se trouve à moins de 80 km de Chenjiagou. Les techniques de défense  sont intégrées dans un enchainement codifié.
  • les techniques respiratoires (tuna) et le Daoyin, art de longue vie dont les origines historiques sont quant à elles attestées dès le ve siècle av. J.-C.
chenjiagou tai chi chuan
Chenjiagou berceau du Tai chi chuan

Cette méthode de combat fut longtemps transmise exclusivement au sein du clan Chen. Le style chen, est gardé jalousement au sein de la famille durant cinq générations (traditionnellement enseigné uniquement au fils aîné, et à la belle fille). Seuls les membres du village en bénéficient.

Ce n’est qu’au XIXe siècle que Chen Changxing enseigna son art à Yang Luchan (1799 – 1872). Sous la protection de la riche famille des Wu, Yang Luchan  diffuse ensuite cette méthode à Pékin. C’est vraisemblablement après sa mort que le terme de Tai jiquan fut adopté par ses élèves. Le style va encore évoluer pendant la période républicaine, pour aboutir au tai-chi style Yang fondé par son petit-fils, Yang Chengfu.

Le style Chen continue néanmoins d’évoluer et se propage dès 1928, année où Chen Fa Ke débute son enseignement à Pékin.

La pratique du style Chen

Le style Chen est composé principalement  de deux Taolu (enchainements ) à mains nues.

  • Di yi lu – 1er enchaînement (en 74 mouvements). “Le corps emmène la main”. Cela signifie qu’une écoute (intention) est portée vers l’intérieur.
  • Di er lu – 2e enchaînement (ou pao chui – poings canons). “la main qui emmène le corps”. Le deuxième enchaînement est fait pour porter l’intention vers l’extérieur (l’application martiale).

On distingue deux version du Di yi lu :
Lao jia (ancienne forme)
xin jia (nouvelle forme) créée par Chen Fa ke.
On retrouve globalement les mêmes mouvements dans ces formes et la gestuelle est très voisine, mais les applications martiales sont souvent très différentes.
Il existe également de nombreuses variantes d’enchainements créés par certains maîtres contemporains comme Wang Xi’an, Chen Zheng Lei, ou Chen Xiao Wang. On y retrouve néanmoins tous les mouvements de base. Celle que nous enseigne David Templier est issue de Chen Zheng Lei. Voici la vidéo de la forme courte par David Templier.

Néanmoins, l’étude des 15 premiers mouvements du « Di yi lu » constitue la base du travail. On retrouve dans ces seuls 15 premiers mouvements tout les principes et changements de directions qui se déclinent dans la suite de la forme. Le premier mouvement “Le Gardien Céleste pile le mortier” constitue la base fondamentale de la pratique, il est impératif de l’exécuter correctement, pour une bonne progression, .

Traditionnellement, ce n’est qu’après avoir bien maîtrisé le Di yi lu que l’on peut commencer l’apprentissage du Tuishou (ou poussée des mains) et des armes (épée, sabre, grande lance, bâton, hallebarde…). Di Er lu pao chui, le deuxième enchaînement est caractéristique du style Chen, il n’a pas d’équivalent dans les autres styles. Il s’agit d’un travail “explosif”, qui en montre clairement l’origine et le travail martial.

Le Tuishou, considéré comme le troisième Taolu constitue une étape du travail martial, il est généralement pratiqué à deux et doit amener à la pratique du Sanshou (combat libre).

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un commentaire

  1. Bonjour, j’ai pratiqué le Tai chi chuan style Chen pendant 4 ans à Lons ,à côté de Pau.
    J’ai beaucoup aimé et cela m’à fait énormément de bien.
    Depuis 3 ans je vis en Moselle et je cherche un nouveau groupe pour pratiquer mais autour de chez moi il n’y a que du Yang et j’ai beaucoup de mal avec cette version.
    Connaitriez vous une ville en Lorraine -Alsace ,plutôt côté de Strasbourg, qui pratique le Chen, c’est celui avec qui je suis le mieux.
    Cordialement
    Virginie Fabre

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